Tendances Achats 2026 : les priorités clés pour bâtir une stratégie performante et résiliente
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Jacques Deyrieux

Chaque année, la fonction Achats évolue. Mais 2026 marque un basculement. L’euphorie technologique s’est dissipée, la RSE entre en zone de friction, les risques fournisseurs explosent et l’IA s’invite désormais au cœur des rapports de force économiques. Les chiffres sont sans appel : les Achats ne sont plus en transformation, ils sont en reconfiguration stratégique.
Voici les tendances structurantes qui redessinent la fonction Achats en 2026, à la lumière des dernières études de référence.
L’IA devient un levier de création… et de captation de valeur
L’intelligence artificielle change de statut. Selon l’étude « Tendances et priorités des Départements Achats 2026 » AgileBuyer / CNA, 52 % des directions Achats demandent désormais à leurs fournisseurs des baisses de prix liées aux gains de productivité générés par l’IA. Ce phénomène, qualifié de « rabais IA » dans l’étude, marque un tournant majeur : l’IA n’est plus seulement un outil interne, elle devient un argument de négociation commerciale.
Côté organisations, l’IA est de plus en plus intégrée dans les usages achats : analyse des offres, aide à la négociation, lecture contractuelle, cartographie des risques fournisseurs. Le Baromètre Digital des Directions Achats (InsideBoard AI / CNA et dont Corcentric est partenaire) indique que l’IA est désormais présente dans plus d’un tiers des projets Achats, mais encore souvent à un stade exploratoire.
Le message des deux études converge : sans gouvernance data, sans qualité des données et sans montée en compétences des équipes, l’IA ne délivre pas sa promesse. En 2026, l’acheteur augmenté par l’IA ne va pas seulement plus vite...Il décide mieux !
RSE et ESG : la fin de la montée en puissance, le temps des arbitrages
C’est l’un des signaux les plus marquants de l’année. Selon l’étude AgileBuyer / CNA – Tendances Achats 2026, la part des acheteurs ayant des objectifs RSE recule à 69 %, contre 78 % en 2024 et 2025. Une première depuis cinq ans.
Ce recul ne traduit pas un abandon, mais une priorisation contrainte. L’étude souligne que 34 % des directions Achats estiment que la RSE tend à être reléguée au second plan dans le contexte économique actuel, un chiffre qui monte fortement dans les secteurs les plus exposés à la pression sur les coûts.
La CSRD, le Scope 3 et le devoir de vigilance restent des obligations structurantes, mais la RSE entre dans une phase plus réaliste : plus pilotée, plus sélective, plus directement reliée à la performance économique et à la solidité de la supply chain.
Réduction des coûts : une priorité assumée et durable
La pression sur les coûts reste omniprésente. L’étude AgileBuyer / CNA – Tendances Achats 2026 montre que la réduction des coûts demeure l’un des objectifs majeurs des directions Achats, dans un contexte marqué par l’instabilité géopolitique, fiscale et industrielle.
En parallèle, le Baromètre Digital des Directions Achats indique que 74,3 % des directions Achats concentrent leurs budgets SI sur la productivité et la maîtrise des coûts, et que 55,4 % estiment disposer de ressources financières suffisantes pour soutenir leurs projets digitaux.
En 2026, la réduction des coûts ne repose plus uniquement sur la négociation. Elle s’appuie sur l’automatisation des processus P2P, le pilotage de la performance, la rationalisation des panels fournisseurs et l’exploitation intelligente de la donnée.
Risques fournisseurs : la menace numéro un
Le risque fournisseur s’impose comme la principale préoccupation des Achats. Selon l’étude AgileBuyer / CNA – Tendances Achats 2026, 61 % des directions Achats considèrent le risque de défaillance fournisseur comme un risque majeur, devant les ruptures d’approvisionnement (47 %) et les cyberattaques (37 %).
L’étude souligne également une accélération perçue des défaillances fournisseurs dans plusieurs secteurs clés, notamment l’industrie lourde, l’aéronautique et les équipements. Dans ce contexte, la gestion des risques devient un exercice quotidien, structuré autour du double sourcing, de cartographies des risques dynamiques et d’un accompagnement renforcé des fournisseurs stratégiques.
En 2026, les Achats ne sont plus seulement responsables de la performance économique. Ils deviennent garants de la continuité opérationnelle.
Transformation digitale : de la généralisation à la maturité
La digitalisation des Achats n’est plus un sujet émergent. Le Baromètre Digital des Directions Achats 2025 indique que plus de 90 % des directions Achats ont engagé une transformation digitale opérationnelle, avec un rebond des budgets SI de +42,9 % par rapport à 2024.
Mais l’étude met aussi en lumière un paradoxe : 65,7 % des répondants pointent un manque d’outils adaptés pour mesurer la performance Achats, et l’accompagnement des équipes reste insuffisamment financé. La fracture n’est plus technologique, elle est humaine et organisationnelle.
En 2026, la transformation digitale réussie est celle qui simplifie les usages, renforce la qualité des décisions et crédibilise la fonction Achats auprès du COMEX.
Cap sur 2026 : les Achats entrent dans l’âge adulte stratégique
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. IA intégrée dans la négociation, RSE arbitrée, coûts pilotés, risques fournisseurs sous tension, digitalisation généralisée mais encore perfectible : les Achats de 2026 ne cherchent plus leur place. Ils l’occupent.
Les enseignements croisés des deux études convergent vers une même conclusion : la fonction Achats devient un pilier central de la résilience et de la compétitivité des entreprises.
L’enjeu n’est plus de suivre les tendances.
L’enjeu est de faire des choix structurants, parfois inconfortables, toujours stratégiques.
En 2026, l’avantage compétitif ne viendra pas des plus prudents.
Il viendra des Acheteurs lucides, outillés… et capables de décider.


































